Lutte contre l’illétrisme

Lutte contre l’illétrisme

Objectifs de la journée :

– Mettre en présence les acteurs impliqués dans la Lutte contre l’Illettrisme en Languedoc Roussillon.

– Rétablir des réseaux pour mutualiser les ressources, les expériences, les outils, coordonner les actions.

– Etablir une feuille de route des actions communes.

Déroulement de la journée :

Matin : « Illettrisme : Comprendre et agir » par M.Thérèse GEOFFROY, directrice de l’ANLCI (Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme)

« Prévention de l’Illettrisme » : Alain BENTOLILA

Après midi : Ateliers à thèmes concernant la lutte contre l’illettrisme.

 

1) Compte rendu de l’intervention de M.Thérèse GEOFFROY :

Voir Document intitulé : « Des chiffres pour éclaircir les décisions. »

2) Intervention de A.BENTOLILA :

 

– Nécessité de créer un premier rapport fort à la langue par l’oral. Ce n’est que lorsque les compétences à l’oral sont maîtrisées que l’on peut commencer un apprentissage serein de l’écriture et de la lecture.

– Grosses difficultés dans l’apprentissage du Lire et Ecrire pour les + 17 ans, puisque ces jeunes ont noué des liens différents et singuliers avec ces apprentissages. Déconstruire pour reconstruire.

– Nécessité pour les enseignants de préciser l’enjeu du Lire-Ecrire, notamment en positionnant le « Pouvoir Linguistique » au centre des apprentissages : « être capable d’être compris au plus juste de ses intentions et recevoir la parole de l’autre avec autant de bienveillance et d’exigence, à l’oral comme à l’écrit. Plier sa pensée au rythme des mots. » La maîtrise de la langue est devenue un besoin humain vital dans notre société : bienveillance / vigilance.

Les personnes illettrées sont incapables de dire ce qu’ils pensent du monde, il sont vulnérables, manipulables. Parler, c’est essentiel. Quand on dispose de 600 mots pour dire le monde, alors qu’en moyenne, un adulte dispose de 6000 ou 7000 mots, c’est très difficile.

– Parler de l’illettrisme, c’est se positionner loin de la simple appréhension de la faute d’orthographe, c’est agir au cœur du problème. Ce problème, c’est : être capable de passer sa pensée à quelqu’un d’autre.

– Exemple de la Tour de BABEL : Les Hommes s’interrogent sur le Monde. Ils veulent aller voir les Dieux au-dessus du Ciel. La langue leur apparaît comme le seul moyen de se confronter et de forger une intelligence collective. L’enjeu de BABEL, c’est de faire en sorte que le discours soit utile aux uns et aux autres. C’est notre enjeu. La question de l’autre, du rapport à l’autre, c’est l’enjeu de l’Ecole.

– Les élèves en difficultés sont ceux qui ne peuvent articuler leur pensée pour en laisser une trace. Pour l’enseignant, apprendre à manier la Langue doit être un acte pédagogique à renouveler tous les jours. (le pari de l’utopie concrète de STEINER : « vous ne sortirez pas d’ici dans le même état que vous y êtes entré ».

La prétention humaine c’est de laisser une trace de nous-même.

– Problème : L’école ne sait pas trouver l’intérêt de ce qu’elle propose. MEIRIEU : « On nous demande toujours d’écrire, mais on ne nous répond jamais. Si l’on ne fait que corriger, l’enjeu de l’acte d’écrire n’existe plus. Ce pourquoi j’écris, c’est l’autre. C’est pour lui qu’on se donne du mal. »

– Avant on ne se posait pas ces questions dans les écoles. Aujourd’hui, la preuve de la nécessité et de l’intérêt est du côté de l’enseignant. « C’est bon pour toi. C’est bon pour toi . ……. »

– Les élèves doivent intégrer que l’effort qu’ils fournissent pour communiquer leur permet certes de rentrer dans l’imaginaire, mais surtout de vivre dans un monde où ils auront plus de pouvoir.

– Première conséquence de l’illettrisme : la violence. Il n’est pas difficile d’établir une correspondance entre impuissance linguistique et violence. Une langue maîtrisée amène au calme, à la sérénité. L’incapacité d’exister verbalement face à l’autre conduit au passage à l’acte. Les coups remplacent les mots.

– D’où l’importance du travail à l’oral. Travailler sur le mensonge des petits, sur le danger des idées générales, argumenter, accepter la réfutation, s’interroger… L’enseignant doit impérativement faire de arrêts sur paroles pour réguler tout çà. Les enfants doivent grandir en Langue. Il faut être ambitieux et leur demander toujours mieux. DELEUZE : « Pousser la langue jusqu’à ce qu’elle bégaye. »

– Problème de la constitution des groupes classes : aller vers une hétérogénéité maîtrisée : quand dans un groupe, tous les élèves ont les mêmes perspectives, les mêmes problèmes, où tout le monde se ressemble dans la difficulté, c’est trop difficile. Penser l’hétérogénéité.

– Le vocabulaire : il est déterminant dans l’apprentissage de la lecture. A l’entrée au CP, les différences de capacité du répertoire vocabulaire entre les élèves peuvent aller de 1 à 6. Un enfant qui n’a pas assimilé suffisamment de vocabulaire aura des difficultés à apprendre à lire et écrire.

– Importance dès la maternelle du processus de Fixation. Les apprentissages doivent être pérennisés. C’est une des raisons pour lesquelles un élève entre dans « Le couloir de l’Illettrisme » : les apprentissages glissent, ne sont pas ordonnés et intégrés. A l’arrivée au collège, l’élève est ‘broyé’.

 

3) Atelier n°6: « Quelle didactique pour prévenir ou sortir de l’illettrisme ? »

Ont participé à l’atelier :

– des enseignants : CLIS, SEGPA, EREA, PRISON, FLE, Lycée Pro

– une inspectrice de l’Hérault

– des représentants d’associations qui luttent contre l’illettrisme

– un responsable de CDDP

– une représentante d’un dispositif d’apprentissage de la lecture par informatique, internet.

 

Thèmes abordés : hétérogénéité – ROLL (Réseau Observatoire Local de la Lecture) – Dispositifs d’évaluation – logiciels ( www.webroll.free mot de passe : VISITE) – enjeux de la lecture – aide du FLE – plaisir – le jeu – écouter – parler – reformuler- projets …

 

Documents complémentaires au CDI!!!

 

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